L’endométriose : une maladie mieux connue et surtout mieux traitée

12/03/2021

Longtemps cachée sous des « avoir mal pendant ses règles, c’est normal », l’endométriose est, aujourd’hui, mieux connue du grand public et soignée au sein du GHdC.

Cette maladie inflammatoire gynécologique atteint environ une femme sur dix au courant de sa vie de reproduction, témoigne Dr Timour Willems, gynécologue.

L’endométriose tire son nom de l’endomètre, la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus et qui est éliminée par voie naturelle lors des règles. Quand on y regarde de plus près, le tissu des lésions d’endométriose est comparable à celui de l’endomètre. Il se comporte, d’ailleurs souvent, comme le vrai endomètre, en étant, par exemple plus inflammatoire lors des règles.
 

Où avez-vous mal madame ?

Il existe plusieurs formes d’endométriose qui peuvent coexister, à savoir des implants sur la surface du péritoine qui recouvre tous les organes de l’abdomen, des kystes sur les ovaires, des nodules profonds sous le péritoine ou la plèvre ou même dans des cicatrices de césarienne,...

La théorie qui prétend que l’endométriose provient du reflux de sang menstruel est certainement trop simpliste et inadéquate. Des facteurs extérieurs comme la pollution ou encore le stress peuvent jouer un rôle.

Les symptômes les plus courants :
-    Des règles douloureuses
-    Des douleurs lors des rapports sexuels

Certaines femmes ne présentent, parfois, aucun symptôme jusqu’au moment où un bilan de fertilité dévoile que leurs trompes ou leur utérus sont touchés par la maladie.


Il est vrai que l’association avec l’infertilité est fréquente mais il ne faut pas penser qu’un antécédent d’endométriose, surtout si elle est bien traitée, est synonyme de stérilité, explique Dr Timour Willems, Responsable du projet chirurgie robotique gynécologique au GHdC.
 

Une prise en charge pluridisciplinaire

Cette maladie, dont on dit parfois, qu’elle est mal connue des médecins, est actuellement le plus souvent diagnostiquée de manière adéquate et rapide. Le diagnostic est posé lors d’un rendez-vous médical ou par un examen gynécologique aidé de l’imagerie via une échographie ou une IRM. Les praticiens unissent leurs connaissances pour guérir au mieux cette pathologie.

Le traitement est mixte :
-    La chirurgie : la plus complète pour la maladie mais la plus conservatrice possible pour les organes reproducteurs.
-    Des traitements hormonaux : ils ne font pas régresser l’endométriose mais la mettent en repos.

Qu’en est-il au GHdC ?

Même si le GHdC n’a pas développé formellement de « Clinique de l’Endométriose », les choses sont bien rodées et continuent à évoluer.

Le diagnostic :

L’ensemble des gynécologues est coutumier de longue date à diagnostiquer cette pathologie chez les patientes qui consultent pour une infertilité ou des douleurs pelviennes. Une patiente qui craint d’être atteinte de cette maladie peut s’adresser à son gynécologue pour obtenir une réponse.

En imagerie médicale, les radiologues spécialisés en résonnance magnétique pelvienne (IRM) ont acquis une grande expérience au fil des années grâce à de nombreuses formations. Pour obtenir une IRM en cas de suspicion d’endométriose, les délais peuvent être plus courts que pour d’autres pathologies moins handicapantes.

 

La chirurgie :

L’endométriose superficielle est, depuis longtemps, traitée en nos murs par laparoscopie-laser.

Pour l’endométriose profonde et ovarienne, jadis traitée en milieu universitaire, elle est, aujourd’hui, prise en charge au GHdC. Il y a trois ans, l’arrivée du robot chirurgical a permis d’opérer de façon plus radicale qu’auparavant tout en protégeant l’appareil reproducteur si nécessaire.

 

Seuls quelques chirurgiens spécialisés pratiquent ces interventions ; leur formation est continue et les amène à visiter d’autres spécialistes en Belgique et à l’étranger. En cas d’atteinte d’organes non gynécologiques, la collaboration est optimale avec les collègues d’urologie, de chirurgie digestive et même parfois de chirurgie thoracique, sur le même mode qu’une chirurgie oncologique.

Le traitement :

Après la chirurgie, la patiente ira consulter, à nouveau, son gynécologue afin que ce dernier assure un suivi et lui prescrive un traitement hormonal si nécessaire.

D’autres professionnels accompagnent la patiente tout au long de ce parcours :
-    Des gynécologues de procréation médicalement assistée doivent parfois intervenir en cas d’infertilité,
-    Des psychologues, sexologues et kinésithérapeutes peuvent aider la patiente dont la confiance en soi et la sexualité ont été mises à mal par de longs mois de douleurs gynécologiques.
-    Les anesthésistes spécialistes en algologie sont également disponibles si nécessaire.

N’hésitez pas à venir consulter notre équipe gynécologique, prenez rendez-vous au 071/10.20.20

    

Un article réalisé avec la collaboration du Docteur Timour WILLEMS, responsable du projet chirurgie robotique gynécologique.

 

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